Naissance du projet

Qu’est-ce qui peut pousser un homme qui vit de façon relativement bourgeoise -un peu par habitude culturelle, certes- à subitement s’intéresser aux modes de vie alternatifs et très franchement contestataires et donc à ceux que je nomme avec beaucoup de tendresse les « Sauvages » ?

Est-ce le goût parfaitement immonde d’une côte de porc à la moutarde à l’ancienne acheté dans une grande surface, malgré toute l’attention que je lui avais accordée en la cuisinant ?

Est-ce le trésor d’insipidité de cette carotte à la forme résolument rébarbative de perfection ?

Est-ce tout simplement cette sensation de me lever pour payer quotidiennement des factures dont je ne comprends même pas toujours le sens et qui éveille en moi le sentiment d’être happé dans une spirale de consommation que l’on nous fait passer pour naturelle ?

Est-ce une forme de révélation personnelle, une volonté criante, devenue évidence, de vouloir reprendre en main un destin et de lui apporter tout ce qui me manque dans le produit full option que nous livre notre civilisation ?

C’est tout à la fois ; plus encore la subite envie de rencontrer ces gens qui déclinent ce mot en cinq lettres que ma pudeur laissait auparavant à l’intimité de ma lampe de chevet ! Ce mot en cinq lettres qui est le seul sens à notre vie ici et qui devrait être parent de toutes nos pensées, de tous nos actes mais dont on ne reconnaît, à l’observation de notre joli monde, plus qu’une très ténue filiation.

Je lis beaucoup et cela me fait souffrir.

Tous les jours je regarde mes mains pleines de doigts me demandant comment je vais pouvoir arracher l’adventice anthropophage qui recouvre toujours plus le chemin de notre civilisation, qui semble orchestrer avec une précision méthodologique la destruction du sol que devront encore fouler mes enfants.

Un jour que j’étais en grande détresse morale et intellectuelle, un voisin me prêta un livre de Pierre Rabhi. La légèreté de cette écriture aux accents finalement optimistes, la simplicité de ce modèle de vie qu’il présente, la logique implacable de nombreuses de ses idées, auront déposé en moi une graine certes lente à germer mais qui, avec l’accord de mon cœur et de mon esprit, à commencé de durablement pervertir ma pensée au désir de découverte de ces autres modes de vie.

Une agréable sensation qu’au-delà du dépit et de la morbide résignation, existent des gens qui vivent sans pour autant mourir pour des idées, qui vivent non pas pour une cause déterminée mais bien en incluant toutes les causes à la fois : des architectes de vie défiant les lois de la fatalité !

Ce sont eux que j’appelle les « Sauvages ». Sauvages de se détacher -avec beaucoup de discernement- de nombreux artefacts ou techniques, mais aussi des modes de consommation que l’on nous présente comme le progrès mais qui, au final, a trop souvent l’haleine fétide de la mort et qui obscurcit la saine réflexion pour nous faire accepter le pilotage automatique incapable de voir le mur !

Un reportage avec parti pris, donc.

La rencontre nourrit ma propre pensée ; le partage de fragments de vie suscite mon corps à sculpter des mots comme moyen d’action.

Peut-être pour seulement répéter ce qui a déjà été répété à l’envie : mais l’on ne sait jamais qui, quand et où se déclenchera non pas la prise de conscience mais bien le démontage en règle du cheval à vapeur qui poursuit sa course folle lors qu’il n’y a plus de voie !!!

Ah, je rêve que mon écriture soit performative, à l’image de ce penseur qui désirait des conférences-actions plutôt que des conférences-débats.

Merci pour votre visite et n’hésitez pas à faire vivre cet espace par un petit commentaire !

Roch Hocepied

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