Ô solitude?

DSCF2689J’ai rencontré Riccardo Petrella il y a longtemps, dans le cadre de mes études. Il travaillait sur un projet au sein de la commission européenne.

Je me remémore surtout de cette sensation au sortir de l’entretien : je ne me souvenais plus très bien pourquoi (ou pour quoi) j’étais venu. Un petit peu comme avec les philosophes, vous savez: Quand ils vous répondent, vous ne comprenez plus votre question.

Alors quand je lis ce petit extrait, cela ne m’étonne pas trop qu’à l’époque -malgré toute ma gourmandise à tenter d’appréhender le monde- j’avais eu du mal à comprendre tout ce qu’il tentait de faire passer: ce Monsieur dispose d’une conscience de notre réalité fort exacerbée !

« Nous sommes dans une phase délicate, la conscience de l’humanité n’est pas assez développée pour qu’elle se traduise en vision politique autour de questions qui intéressent les gens. On n’a pas encore cette conscience de l’humanité comme on a eu celle de Dieu, de la nation ou de l’argent. »1

La conscience de l’humanité !

Moi cela me replonge en 2000 : vous vous souvenez… « le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Une phrase naïve qui exprimait déjà toute la détresse d’une civilisation. Et où l’on peut aisément remplacer le mot spiritualité par humanité, dans l’acception de « l’homme qui cherche un sens à sa réalisation personnelle et collective. »

C’est ce qui m’aura le plus étonné, lors de mes premières « immersions » auprès des Sauvages, c’est leur humanité.  Le regard qu’ils posent sur eux et sur les autres semble s’établir sur de tout autres critères que ceux que l’on m’a appris.  S’en découle un art de l’accueil et de la rencontre qui n’a plus rien à voir avec le formatage du contemporain!

Des rencontres immédiatement plus sincères, comme dégagées des peurs ancestrales qui permet, dès lors, de tout de suite toucher l’autre… et qui affranchit de la peur de se faire toucher, offrant la profondeur qui n’est pas nécessairement celle d’une réflexion, dépassant la raison, pour tout de suite vivre le « être ensembles »

L’humanité, en fait, rien que cela, rien de spécial.

Alors quand j’entends un Monsieur de cette génération s’exprimer comme Riccardo Petrella, quand j’entends de nombreux penseurs libres, philosophes, sociologues, ethnologues, politologues, etc., commencer à marteler l’urgence de la découverte de nouvelles valeurs -ou ancestrales…- se recentrant sur le respect de l’humain, je me rends compte que le choix de vie de mes Sauvages n’est pas du tout en marge de la société : ils sont peut-être juste en marche un peu plus rapidement que les autres…

Et qu’ils ne sont donc pas si seuls.

Roch Hocepied

1Interview parue dans Alter échos à propos du livre :  Riccardo Petrella, Au nom de l’humanité – L’audace mondiale, Couleurs livres.
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